News du 11/05/2010
Deftones : on était à la Boule Noire ! Live report
Une semaine après la sortie de Diamond Eyes, les Deftones font un cadeau à leurs fans français en jouant dans une petite salle de la capitale. Lundi 10 mai, les californiens ont sué une heure et demi durant à la Boule Noire devant un parterre de 300 fans déchaînés et aux anges. Trouver des places pour les Deftones à la Boule Noire a été un calvaire. Malgré le prix de 27 euros. En tournée promotionnelle pour la sortie de Diamond Eyes, le quintet de Chino Moreno a décidé de donner deux concerts annoncés à la dernière minute dans deux grandes villes européennes. Outre Londres, Deftones a sélectionné Paris. Les places, vendues sur un site unique, ont été arrachées en deux minutes chrono. On n'a pas vu les Deftones dans une salle aussi réduite depuis leur première venue française au Divan du Monde à la sortie de Around The Fur en 1997. L'évènement est donc de taille.
Deftones n'a certainement pas joué sur une scène "aussi étroite" depuis pas mal d'années. Du coup, c'est avec un backline pour lui restreint qu'il se présente à la Boule Noire. Le matériel de Stephen Carpenter se limite à une énorme baffle. Son mur d'amplis a du rester dans le camion. Mais l'étroitesse du lieu donne un caractère spéciale au concert. Dès les premières notes de "Rocket Skates" et "Diamond Eyes", on sent le plaisir de jouer émaner des Deftones. Les morceaux s'enchaînent et transpirent la sincérité. Après une période chaotique et plusieurs années de remise en question, l'accident de Chi Cheng semble avoir rapproché le groupe. On le sent content d'être là. 21 morceaux sont joués. Parmi eux, "Minerva", une époustouflante version de "Passenger", "Be Quiet and Drive", "Around The Fur", "When Girls Telephone Boys". Le public est en transe, transformant la Boule Noire en fournaise.
Photo : Olivier DucruixLe groupe est détendu. Et à priori, sobre. Si ce n'est l'imposant barbu Stephen Carpenter, le visage la plupart du temps dissimulé derrière sa longue tignasse noire. Mais Chino Moreno fait plaisir à voir. Redevenu svelte (il dit avoir perdu 15 kilos), on le sent confiant et présent. On est loin de certaines prestations où on a pu le voir défoncer à l'herbe, le regard hagard, la prise scénique brouillonne peu aidé par un chant à la ramasse. Ce soir là, Chino parle peu à son public mais sa présence scénique est puissante. Qu'il ait à hurler ou à sussurer ses paroles. Pareil pour le batteur Abe Cunningham, véritable machine à riffs. La section rythmique est solide et élastique. Le duo entre Cunningham et le bassiste Sergio Vega, transfuge du groupe culte de post hardcore Quicksand, fait des merveilles. Loin d'être en retrait par rapport aux autres membres de Deftones, le bassiste fait le show et martèle ses cordes comme un damné.
Le quintet passe de l'explosion de rage à la retenue avec subtilité et émotion. Les titres de Diamond Eyes ne dépareillent pas du reste de la setlist, confirmant la solidité de ce nouvel album. On retrouve le Deftones des grands jours. L'hommage à Chi Cheng, toujours dans un état comateux, vient du public qui se met à scander son nom. Chino ne cache pas son émotion. "On pense tous à notre frère Chi", envoie-t-il. Le concert se conclue comme le veut la tradition Deftones avec "7 Words". Le groupe aura même joué "Back To School", titre qu'il a longtemps déclaré ne pas aimer.
Treize ans après son premier concert français, Deftones confirme qu'il n'a jamais été un groupe de plus de la vague néo metal. Si on devait n'en retenir qu'un sur cette période, c'est sans conteste lui. Deftones a toujours su évoluer et rester fidèle à ses convictions de départ. Contrairement à Korn qui n'est plus que l'ombre de lui-même (le nouveau single en témoigne). Le groupe de Sacramento reste aussi passionnant que jamais. Vivement sa venue au Hellfest 2010. D'autant plus que Chino Moreno y fêtera ses 37 ans.
Retrouvez Chino en interview vidéo sur MusiqueMag.

Photo : Olivier Ducruix
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